
Sortie de l’ouvrage Technomémoires. Mémoire, souvenirs et technologies émergentes sous la direction d’Emmanuelle Caccamo et de Katharina Niemeyer.

Sortie de l’ouvrage Technomémoires. Mémoire, souvenirs et technologies émergentes sous la direction d’Emmanuelle Caccamo et de Katharina Niemeyer.
Sortie de l’ouvrage Technomémoires. Mémoire, souvenirs et technologies émergentes sous la direction d’Emmanuelle Caccamo et de Katharina Niemeyer.

Que deviennent nos souvenirs quand ils passent par les écrans ? Qu’est-ce qui façonne notre mémoire quand ce sont les algorithmes qui nous rappellent le passé ? Et que reste-t-il de nous dans un monde où tout semble pouvoir être sauvegardé ? À l’heure où nos traces numériques s’accumulent, une nouvelle forme de mémoire émerge. Les technomémoires désignent ces formes hybrides que nous construisons à travers les plateformes numériques et les objets connectés. Des albums photos enrichis par l’intelligence artificielle aux assistants qui mémorisent nos habitudes, des médias socionumériques qui stockent nos interactions aux objets connectés qui documentent nos comportements quotidiens, un nouvel écosystème mémoriel se dessine.
Ce livre en explore les contours à travers trois axes : la mémoire collective ancrée dans les territoires et les objets ; les pratiques personnelles façonnées par nos interactions numériques ; et les perspectives ouvertes par l’intelligence artificielle dans la gestion – et la fabrication – de nos souvenirs. Il s’adresse aux spécialistes de la mémoire et des médias, aux personnes étudiantes en sciences humaines et sociales, ainsi qu’au grand public curieux de comprendre ce que signifie se souvenir au XXIe siècle, à l’ère des machines qui « se remémorent »… supposément mieux que nous.
Lien vers les Presses de l’Université du Québec : https://www.puq.ca/catalogue/themes/technomemoires-5251.html
Demi-journée d’étude organisée par Emmanuelle Caccamo et Katharina Niemeyer
La demi-journée d’étude explorera les technologies dites « émergentes » spécialisées dans la production de souvenirs et la « gestion » de la mémoire personnelle du quotidien au XXIe siècle. Les personnes participantes se pencheront de façon critique sur les nouvelles formes de médiation de la mémoire mobilisant différentes techniques numériques récentes, à savoir l’intelligence artificielle, la réalité « augmentée », la réalité virtuelle, les médias socionumériques et les objets connectés (internet des objets). Il ne s’agit cependant pas de se limiter au seul regard sur le numérique dans un contexte de la production et de la réception de la mémoire et des souvenirs, mais d’envisager également de discuter la rencontre et la coexistence de l’analogique et du numérique quand il s’agit de faire mémoire.
Dans le cadre d’une étude universitaire que nous menons à l’Université du Québec à Trois-Rivières, nous sommes à la
recherche d’hyperdiaristes (lifeloggeurs/lifeloggeuses).
Nous cherchons par exemple :
Dans le cadre de l’étude, les participant·e·s auront à répondre à un court questionnaire (15 minutes) : https://fr.surveymonkey.com/r/YRL83ZV
Ce projet de recherche est mené à l’Université du Québec à Trois-Rivières par Emmanuelle Caccamo (prof. au Département de
lettres et communication sociale, UQTR) et Karine Bellerive (chercheuse postdoctorale). L’étude est financée par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), organisme subventionnaire fédéral du Canada. Pour obtenir plus d’informations sur ce projet de recherche, n’hésitez pas à communiquer avec nous par courriel : emmanuelle.caccamo@uqtr.ca
Le présent appel s’inscrit dans le prolongement des études sur la mémoire matérielle et explore les technologies dites « émergentes » spécialisées dans la production de souvenirs et la « gestion » de la mémoire personnelle du quotidien au XXIe siècle. Il se penche de façon critique sur les nouvelles formes de médiation de la mémoire mobilisant différentes techniques numériques récentes, à savoir l’intelligence artificielle, la réalité « augmentée », la réalité virtuelle, les médias socionumériques et les objets connectés (internet des objets). Ce projet d’ouvrage souhaite cependant ne pas se limiter au seul regard sur le numérique dans un contexte de la production et de la réception de la mémoire et des souvenir, mais envisage également de discuter la rencontre et la coexistence de l’analogique et du numérique quand il s’agit de faire mémoire.
Un·e candidat·e est recherché·e pour réaliser un stage postdoctoral à l’Université du Québec à Trois-Rivières dans le cadre du projet de recherche « Les hyperdiaristes au Canada : de la préservation technologique de la mémoire à la postmortalité transhumaniste » dirigé par la professeure Emmanuelle Caccamo. Le projet de recherche est financé par le Conseil de recherche en sciences humaines et sociales du Canada (CRSH).
Cet article s’intéresse au projet technologique Eternime (2014-2020), qui se proposait de simuler les morts par le biais d’agents conversationnels « intelligents ». À partir des approches combinées de la sémiotique, de l’intermédialité et de l’archéologie des médias, ce texte considère l’objet à l’étude comme un « média imaginaire ». Eternime n’a pas d’existence en dehors du laboratoire de son inventeur et se présente publiquement par le biais d’un ensemble de discours verbaux et visuels. Partant de cette prémisse, notre démarche s’articule en deux temps. En premier lieu, les thèmes rhétoriques mobilisés par le projet sont identifiés (point de vue synchronique). Dans un second temps, l’article formule des pistes heuristiques concernant les séries technoculturelles ou les trajectoires techniques dans lesquelles Eternime s’insère (point de vue diachronique). Ce travail poursuit ainsi deux objectifs en particulier : situer Eternime dans la sphère technomédiatique et problématiser la part d’inédit d’un tel projet.
Nommé lifelogging en anglais, l’hyperdiarisation[1]Je propose ce terme en français, car il n’existe pas de traduction. constitue une pratique journalière de médiation de la mémoire et des souvenirs personnels par le biais de nouvelles technologies (Caccamo, 2017, 2021). Émergeant dans les années 1980 en Amérique du Nord, elle intéresse un petit nombre d’individus (les lifeloggers ou les hyperdiaristes), qui, le plus souvent harnachés de différents dispositifs informatiques, s’affairent à enregistrer en continu, et de façon plus ou moins automatisée, un grand nombre de données numériques reliées à leurs activités (Selke, 2016). Cette pratique d’archivage du quotidien englobe de nombreux types de données (Kelly, 2007 ; Dodge & Kitchin, 2007) : il s’agit d’archiver des informations en lien avec des expériences et des événements vécus, des lieux visités, des personnes rencontrées, des conversations eues, des lectures faites, aussi bien que des idées rédigées, des photographies et des vidéos prises, des traces laissées sur les médias socionumériques, pour ne citer que cela. En somme, toute donnée archivable peut être prise en compte dans cette pratique, y compris une transcription des données biologiques prélevées par le biais de capteurs posés sur le corps (température corporelle, rythme cardiaque, etc.). L’objectif habituellement poursuivi est de former une extension de la mémoire personnelle : il est alors possible d’accéder au fonds de données constitué plusieurs semaines voire plusieurs années plus tard, de procéder à des recoupements informationnels et de se souvenir d’éléments que le corps n’aurait pas gardé en mémoire[2]Ou bien que la mémoire aurait conservé un peu différemment, avec d’autres signes ou une autre interprétation (prenons par exemple le cas typique où la couleur d’un objet photographié diffèrerait de la couleur gardée naturellement en mémoire).. Cette pratique de captation numérique des moments les plus banals de la vie quotidienne génère une quantité phénoménale de données à potentiel mnésique.
CACCAMO, E. (2017). Imaginer les technologies de mémoire totale avec la science-fiction audiovisuelle occidentale (1990- 2016). Étude sémiotique, intermédiale et technocritique des représentations de la mémoire personnelle, Thèse de doctorat, Montréal, Université du Québec à Montréal.
CACCAMO, E. (2021). « Obsolescence programmée, mémoire et oubli : Du lifelogging à l’extraction science-fictionnelle de la mémoire biologique », dans B. Dupont, C. Guesse et E. Mingazova (dir.), Obsolescence programmée : perspectives culturelles, Liège, Presses Universitaires de Liège, p. 103-121.
DODGE, M. et R. KITCHIN (2007). « Outlines of a world coming into existence: Pervasive computing and the ethics of forgetting », Environment and Planning B Planning and Design, 34(3), p. 431-445.
KELLY, K. (2007). « Lifelogging, An Inevitability », The Technium. http://kk.org/thetechnium/2007/02/lifelogging-an
SELKE, S. (dir.) (2016). Digital self-tracking and Lifelogging – between disruptive technology and cultural transformation, Wiesbaden, Springer.
| ↑1 | Je propose ce terme en français, car il n’existe pas de traduction. |
|---|---|
| ↑2 | Ou bien que la mémoire aurait conservé un peu différemment, avec d’autres signes ou une autre interprétation (prenons par exemple le cas typique où la couleur d’un objet photographié diffèrerait de la couleur gardée naturellement en mémoire). |
Le projet Technomnesis a fait l’objet d’une présentation du projet dans le cadre du congrès international « PATHS, SCENARIOS AND METHODOLOGIES SEMIOTICS ROUTES II », International meeting of young early-career IASS-AIS X International Congress of Semiotics of Colombia ASC, en Colombie, le 9 octobre 2021.